Automatiser la correction et la traduction des sous-titres dans DaVinci Resolve avec l'IA
Neto Pompeu —
Automatiser la correction et la traduction des sous-titres dans DaVinci Resolve avec l'IA
Chez Primo-Studio, on produit régulièrement des contenus audiovisuels : reportages, captations live, vidéos promotionnelles, documentaires. Quasi systématiquement, on doit livrer une version sous-titrée — souvent en français, parfois aussi en anglais pour des clients internationaux ou des festivals.
Le sous-titrage manuel, c'est lent. Vraiment lent. Quand on additionne la transcription, la relecture orthographique, puis la traduction d'une langue à l'autre, on passe facilement 3 à 5 heures pour 20 minutes de vidéo. Sur un projet à plusieurs vidéos par semaine, c'est intenable économiquement.
On a donc bâti deux scripts Python qui s'intègrent directement dans DaVinci Resolve, et qui automatisent la tâche en passant par l'IA. Voici comment ça marche, et ce que ça nous a permis de faire.
Le problème : la friction du sous-titrage
DaVinci Resolve gère très bien la timeline et les pistes de sous-titres. L'éditeur intégré est correct. Mais deux opérations restent lentes :
- Corriger l'orthographe française d'une transcription auto-générée — les fautes, les accents manquants, les noms propres mal détectés, les mots techniques. Ligne par ligne, ça dure.
- Traduire en anglais une piste française terminée. À la main, c'est plusieurs heures par projet, et il faut conserver les codes temporels exacts pour que la piste reste calée sur l'image.
Les outils du marché qui font ça existent — mais soit ils sont chers à l'usage récurrent, soit ils sortent du fichier vers une plateforme externe (perte de temps + perte de contrôle sur le format), soit la qualité de traduction est trop générique pour notre niveau d'exigence.
La solution : deux scripts Python intégrés à Resolve
DaVinci Resolve expose une API Python qui permet à des scripts de manipuler le projet ouvert : lire les pistes, lire les sous-titres, modifier les contenus, sauvegarder. On a écrit deux scripts qui s'installent dans le dossier Fusion/Scripts/Edit/ de Resolve. Ils apparaissent ensuite dans le menu Workspace → Scripts → Edit.
Script 1 : Correction orthographique FR
Il prend la piste de sous-titres active en français, envoie chaque ligne à l'API Claude, et reçoit en retour la même ligne corrigée orthographiquement (accents, fautes de frappe, accords). Les codes temporels ne bougent pas. La structure reste identique.
En pseudo-code, ça donne :
``` project = Resolve.GetProjectManager().GetCurrentProject() timeline = project.GetCurrentTimeline() subtitle_track = timeline.GetActiveSubtitleTrack()
for item in subtitle_track.GetItems(): texte_brut = item.GetText() texte_corrige = appel_claude_api( prompt="Corrige cette ligne de sous-titre en français...", contenu=texte_brut ) item.SetText(texte_corrige)
project.Save() ```
Claude renvoie le texte corrigé en quelques centaines de millisecondes par ligne. Pour une vidéo de 20 minutes avec environ 200 lignes de sous-titres, le script tourne en deux à trois minutes au total.
Script 2 : Traduction FR → EN
Même principe, mais cette fois on demande à Claude de traduire ligne par ligne en anglais. Le script duplique la piste française, puis remplit la piste anglaise avec les traductions. On garde un contrôle ligne par ligne : on relit, on ajuste les nuances, on raccourcit si une ligne est trop longue à l'écran (limite ~42 caractères par ligne pour rester lisible).
Pseudo-code :
``` piste_fr = timeline.GetSubtitleTrack("FR") piste_en = timeline.DuplicateTrack(piste_fr, lang="EN")
for item_fr, item_en in zip(piste_fr.GetItems(), piste_en.GetItems()): texte_fr = item_fr.GetText() texte_en = appel_claude_api( prompt="Traduis ce sous-titre français en anglais idiomatique, max 42 caractères...", contenu=texte_fr ) item_en.SetText(texte_en)
project.Save() ```
La clé : on précise dans le prompt le contexte (sous-titre vidéo), la longueur maximale et le ton souhaité (idiomatique, pas littéral). Sans ça, on obtient une traduction Google Translate basique. Avec ça, on obtient une traduction propre, prête à être relue.
Le gain de temps réel
Sur un projet typique de 20 minutes de vidéo :
- Avant : 3 à 5 heures de transcription + correction + traduction
- Après : 30 à 45 minutes (script + relecture humaine + ajustements stylistiques)
Division par 5 à 8 du temps consacré au sous-titrage. Sur un mois normal, ça nous fait gagner 15 à 25 heures récupérées sur du travail à plus forte valeur : montage, étalonnage, mixage audio, relation client.
Pourquoi on construit nos propres outils
C'est ici que ça devient un sujet plus large. Beaucoup d'agences utilisent l'IA en mode consommation — elles ouvrent ChatGPT, copient-collent un brief, prennent la réponse. Ça marche, mais c'est limité.
Nous, on a fait le choix d'embarquer l'IA directement dans nos outils métiers. Les scripts Resolve, c'est un exemple. On a aussi développé des automatisations pour Photoshop, pour notre CRM interne, pour la génération de descriptions produits multilingues. À chaque fois, le principe est le même : prendre un goulot d'étranglement opérationnel, identifier l'endroit précis où l'IA peut intervenir, et coder un petit outil sur mesure.
C'est un investissement initial — quelques heures pour écrire et tester un script — qui se rembourse en une à deux semaines d'utilisation, puis génère du gain pendant des années.
Pourquoi c'est important pour une agence digitale en 2026
Le marché des agences communication / web / digital est en pleine recomposition. Les outils IA bouleversent les coûts de production : ce qui prenait dix heures en prend une, ce qui demandait trois personnes en demande une. Les agences qui ne se transforment pas vont se retrouver à facturer dix heures de travail que l'IA fait en une — et leur client ira voir ailleurs.
La question n'est plus « est-ce que l'IA va remplacer mon métier », c'est « est-ce que je sais utiliser l'IA pour faire mon métier 5 à 10 fois plus vite, avec une meilleure qualité, à un meilleur prix ».
C'est cette transformation qu'on accompagne chez Primo-Studio. Pour notre propre agence d'abord — on ne prêche pas ce qu'on ne pratique pas. Et ensuite pour les entreprises guyanaises qui veulent moderniser leurs workflows, sur tout type d'activité : audiovisuel, marketing, administration, retail, formation.
Aller plus loin
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Et côté production audiovisuelle, quelques exemples récents : la diffusion live multicaméra de la finale de la Coupe CCOG 2025 à Saint-Laurent-du-Maroni, et la production de la vidéo Résilience Tour Guyane 2025 à Mana.
Vous voulez moderniser vos workflows avec l'IA ?
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